Pouvana'a O'opa









De sa naissance à sa mort, 1895 – 1977,’Pouvanaa Oopa incarne à lui seul cette tranche d’histoire qui est le socle sur lequel s’est fondée la soaciété polynésienne moderne. La vision historique est le fil rouge de la narration, car la réalisatrice Marie-Hélène Villierme a souhaité « coller au plus près de la réalité », pour ne pas prêter le flanc à la critique.
La complexité des jeux de pouvoir
L’année de la naissance de Pouvana’a marque la signature du traité d’annexion de son île, Huahine, par la France. L’année de sa disparition est celle de la mise en place du premier statut d’autonomie de gestion. Le film s’est placé naturellement entre ces deux repères temporels, si symboliques. Bien plus qu’une biographie, L’élu du Peuple permet de remonter le temps, de reconstituer la complexité des jeux de pouvoir, pour finalement décrypter une page tourmentée, mal connue, de l’histoire Polynésienne
Comment cet homme issu du peuple est devenu un leader politique charismatique ? Pourquoi a-t-il représenté aux yeux du gouvernement français une véritable menace, au point d’organiser une machination visant à le condamner à 15 ans d’exil ? L’histoire, résumée en ces deux questions percutantes, peut sembler tronquée, voire exagérée, mais force est de constater, en s’appuyant sur des documents. 

POUR EN SAVOIR PLUS.





Pouvanaa est en 1940 l'un des principaux artisans du ralliement à la France libre, mais il s'oppose vite à l'administration qu'il accuse de ne pas respecter les droits des autochtones, ce qui lui vaut des peines d'emprisonnement. Il continue son combat après la guerre et il est élu député en 1949. Il fonde un puissant parti, le Rassemblement démocratique des Populations tahitiennes (RDPT). Devenu vice-président du gouvernement issu de la loi-cadre, il préconise le « non » au référendum
 organisé par le général de Gaulle, le 28 septembre 1958. Il n'est pas suivi par la population qui, en votant « oui » majoritairement, souhaite implicitement rester attachée à la France. Peu après, Pouvanaa est arrêté sous le motif qu'il aurait ordonné d'incendier Papeete. Si cette accusation n'est pas retenue à l'issue du procès, il est néanmoins condamné à la prison et à 15 années d'exil pour « complicité de destruction d'édifices et détention d'armes et de munitions sans autorisation ». Amnistié en 1968, il rentre à Tahiti et devient sénateur de 1971 jusqu'à sa mort, en 1977. 
Il n'a cessé de proclamer son innocence pour les faits de 1958 et combattu pour obtenir la révision de son procès. Les diverses tentatives pour y parvenir, de son vivant comme après son décès, sont restées vaines. Les Polynésiens l'ont surnommé Te Metua, c'est-à-dire Le père spirituel.










Victime d’un procès douteux, Pouvanaa a été chassé de chez lui, emprisonné en France avant de revenir triomphalement en Polynésie à l’orée des années 70… Sans toutefois obtenir ni réparation, ni réhabilitation… Ce que réclament toujours ses partisans et sa famille.

Comme un formidable raccourci de l’Histoire, la vie de Pouvanaa tient en deux dates : en 1895, année de sa naissance, la France annexe Huahine, l’île où il a vu le jour ; en 1977, année de sa mort, la France accorde un statut d’autonomie interne à la Polynésie française. Entre les deux, Pouvanaa portera pendant des décennies les désirs d’émancipation et de justice du peuple tahitien. Il y gagnera le statut d’icône mais en paiera aussi le prix fort.
Injustement accusé de préparer avec ses partisans un incendie à Papeete, il sera condamné à huit années de réclusion et quinze années d’interdiction de séjour en Polynésie. Grâcié, amnistié mais pas innocenté, il ne cessera jusqu’à sa mort de réclamer la révision de son procès. En vain.
L’Elu du peuple-Pouvanaa te Metua a nécessité quatre années de travail à sa réalisatrice, Marie-Hélène Villierme. Pour ce film qu’elle a voulu « engagé mais pas militant », elle a effectué d’innombrables recherches documentaires avec l’appui du principal spécialiste de la question, l’historien, Jean-Marc Regnault. Elle a également recueilli de très nombreux témoignages de militants, de proches et de la famille de Pouvanaa.

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